Face au désastre écologique que représentent la fabrication et l’utilisation des mouchoirs en papier, le mouchoir en tissu fait son grand retour. Voici un comparatif pour vous éclairer sur les idées reçues et vous aider dans vos choix.

 

Le mouchoir en papier : un automatisme pratique mais pas du tout écolo

 

Que ce soit pour une utilisation quotidienne en cas de sinus capricieux ou occasionnelle lors d’un rhume carabiné, les habitudes et les idées reçues nous poussent à consommer une quantité astronomique de mouchoirs en papier.

Commercialisés pour la première fois aux États Unis en 1924, l’entreprise « Kleenex » inonde le marché français dès les années 60 de mouchoirs en cellulose sur-emballés. Le côté peu encombrant et jetable peut convaincre et suffire à ne pas se poser plus de questions, mais les conséquences négatives pour la planète sont nombreuses.

Les mouchoirs en papier sont généralement fabriqués à partir de fibre de bois, de cellulose ou en papier recyclé. Dans le cas où ce dernier ne l’est pas, sa production nécessite l’abattage massif d’arbres et la disparition de milliers d’hectares de forêts.

La quantité d’eau utilisée est également démesurée (100 à 200 tonnes d’eau pour une tonne de papier). Sans oublier que nos poubelles débordent et que ces mouchoirs ne sont pas recyclables.

Le papier souillé est prohibé dans les bacs verts.

Avec 32 milliards de mouchoirs en papier vendus en France chaque année, ça calme. Côté santé, le papier utilisé est souvent blanchi au chlore donc potentiellement allergisant, de plus nous pouvons tous confirmer que son utilisation prolongée irrite la peau sensible du visage.

Alors oui, les idées reçues laissent penser que le fait d’être jetable est une solution hygiénique, mais ce n’est pas forcément juste. L’utiliser plusieurs fois et le garder dans sa poche ou ne pas se laver les mains après l’usage sont autant de facteurs qui aident à la propagation des bactéries, ce qui n’a donc pas forcément de lien avec la matière première utilisée.

Au niveau hygiène, que ce soit tissu ou papier, si on se mouche dedans plusieurs fois et qu’on le laisse au contact d’autres objets, aucune solution n’est plus clean que l’autre.

Comme l’indique Yves Van Laethem, infectiologue au CHU Saint-Pierre :

« Le mouchoir en tissu n’est pas moins hygiénique que le mouchoir en papier. La grosse différence c’est que le mouchoir en papier on peut le jeter après chaque utilisation, tandis que le mouchoir en tissus on le remet dans sa poche après l’avoir utilisé. »

Et c’est justement dans la poche qu’il y a risque de contamination. Les microbes ont une durée de vie de plusieurs heures dans les mouchoirs en tissu, tout comme dans les mouchoirs en papier.

« Regardez ce qui se trouve dans ma poche en ce moment: mon badge d’hôpital, mon trousseau de clefs, mon gsm et mon mouchoir. Le mouchoir utilisé est en contact en permanence avec ces objets. Quand je vais dans ma poche chercher mes clefs ou mon badge, je touche mon mouchoir et je suis à nouveau en contact avec les microbes et je risque de contaminer d’autres personnes, si je ne me lave pas tout de suite les mains. »

Le plus important au final, c’est de bien se savonner les mains à chaque fois que vous vous mouchez ou à chaque fois que vous retouchez votre mouchoir. Source

Quel que soit le mouchoir, le lavage de main est de mise

Le meilleur moyen pour éliminer les risques de contagion = se laver les mains
© Christin Hume

Le mouchoir en tissu : Le retour d’un basique zéro déchet

 

Grâce à la tendance zéro déchet, le mouchoir en tissu n’a plus rien de has-been : des marques slow-cosmétique et des petits créateurs proposent de plus en plus cette alternative écologique et durable.

Plus funky que le simple mouchoir à usage unique blanc et irritant, le mouchoir en tissu est la plupart du temps fabriqué en coton, soie ou lin, le top étant qu’ils soient bio, déclinable en plusieurs coloris, tailles et motifs.

Ce bout de tissu, lavable et réutilisable, réduit la production de déchets et remporte la palme de l’économique sur la durée (compter entre 2 et 8 € le mouchoir, moins si l’on utilise des tissus upcyclés­  en mode récupération ou DIY…).

Le lavage régulier est donc une étape essentielle, que ce soit à la main ou à la machine, il est conseillé de laver ses mouchoirs en tissu entre 40 et 60°c, puis de les repasser à la vapeur pour les désinfecter. Cette démarche peut sembler contraignante, mais c’est pourtant ce que faisaient nos parents ou grands-parents, il n’y a pas si longtemps !

 

Les points positifs et négatifs des mouchoirs en tissu VS les mouchoirs en papier :

 

 

Mouchoir en tissu

Mouchoir en papier

+

Non polluant, réutilisable, esthétique, économique, résistant, s’inscrit dans la démarche zéro déchet

Peu encombrant, pratique en cas de grosse infection

Nécessite un peu de temps pour le lavage et d’organisation pour l’extérieur

Encourage la déforestation et la pollution, créer des déchets, peut déclencher des allergies ou des irritations, facilement déchirable

Alors pour la planète, vos gouttes au nez ou bien vos gros chagrins, pourquoi ne pas essayer de pleurer, d’éternuer et autres humides nécessités dans des mouchoirs en tissu… comme le pape ou Estelle et Christelle de We Are The Drops aka Nous Sommes Les Gouttes ?

Et vous ? Dites nous tout ! Vous êtes plutôt tire-jus en papier ou tire-jus en tissu ?